Comment écrire un roman fantastique ?

Qu’est-ce qu’un livre fantastique ?

Tout d’abord, attention ! On a tendance à regrouper sous le terme « littérature fantastique » trois types complètement différents : le fantastique au sens propre, la science-fiction et la fantasy.
La science-fiction se veut rationnelle (d’où le mot « science » dans son nom), tandis que le fantastique est irréel. Un roman de science-fiction mettra donc en scène des éléments plausibles (même si cela doit se réaliser dans un futur lointain), alors que le fantastique reposera sur des éléments surnaturels.
La fantasy quant à elle relate un monde dit « merveilleux », fictif, alors que le fantastique possède un univers plus sombre situé généralement dans le monde réel.
Le fantastique est donc l’incursion de l’irréel dans le réel par la mise en scène d’événements étranges, inexpliqués et inexplicables, qu’il est par essence impossible de rationaliser.
On peut écrire un roman policier, un roman d’aventures, un roman d’horreur ou même écrire un conte en y introduisant du fantastique, il n’est pas forcément un type de récit à lui seul et peut s’articuler avec tous les genres de littérature.
Écrire un roman fantastique, c’est prendre plaisir à faire peur : le lecteur doit être effrayé à sa lecture.

Faire peur : créer l’univers macabre du récit fantastique

Voici quelques exemples de thèmes fantastiques efficaces, susceptibles d’être exploités afin de créer un univers angoissant :

  • les créatures surnaturelles maléfiques: vampires, loups-garous, monstres, poupées ou marionnettes vivantes, etc. ;
  • les cadavres: zombies, morts-vivants, cimetières, Mort personnifiée, etc. ;
  • les revenants: fantômes, esprits frappeurs, apparitions spectrales, etc. ;
  • l’ésotérisme: personnes possédées, rêves prémonitoires, visions, pactes avec le Diable, incarnation du Mal, métamorphoses, etc. ;
  • l’horreur du quotidien: échecs, cauchemars, délires, souffrances, folie, etc. ;
  • les éléments fantasmagoriques: boucles temporelles, arrêt du temps, vie insufflée à une créature non-vivante ou un objet inanimé, inversion de l’espace, parallèle entre deux espaces-temps, etc. ;
  • les indices de l’étrange: bruits suspects, frôlements, ombres, ruines à explorer, langue inconnue, lettres de sang, objets animés, etc.

 

Quelques principes à respecter pour écrire un roman fantastique

Il existe quelques principes inhérents à cet univers, quelques codes universels pour écrire un livre à l’univers fantastique :

  • Il faut tout d’abord soigner l’ambiance : l’univers d’un livre fantastique est sombre, il est donc primordial de situer l’action dans une heure sombre également. Pour cela, il vaut mieux privilégier la nuit, l’aube ou le crépuscule, périodes où la vision est diminuée, troublée (le brouillard peut également rendre l’atmosphère plus oppressante).
  • Les lieux sont aussi très importants : un endroit lugubre, susceptible de générer de la peur ou de l’angoisse, est le lieu parfait pour un livre fantastique, que ce soit un cimetière, un château hanté, une maison abandonnée et isolée, un souterrain ou encore un labyrinthe, par exemple.
  • Écrire à la première personne du singulier permet au lecteur de s’identifier plus facilement au narrateur, le « je » l’impliquant personnellement dans l’histoire, ce qui va l’épouvanter de manière plus significative.
  • Le narrateur – et par extension le lecteur – doute, hésite, s’interroge tout au long du livre. Le récit doit poser tout un tas de questions, mais sans forcément en donner les réponses.
  • Il est essentiel de commencer le récit par un cadre précis et surtout réel, avec force description, pour permettre un décalage évident quand le surnaturel fera irruption dans l’action. C’est là que les choses se compliquent : le secret du fantastique est d’arriver à « dire sans dire », à suggérer sans décrire… La suggestion est la manière la plus efficace de créer une ambiance sinistre et terroriser le lecteur !
  • Unlivre fantastique se finit souvent de manière tragique, mais la fin doit nécessairement être trouble et ambiguë, et poser un (ou plusieurs) dernier point d’interrogation. La fin est donc dite « ouverte », sans retour au quotidien rassurant du narrateur. Une fois le récit achevé, le lecteur doit continuer à s’interroger, ne presque plus faire la distinction entre l’illusion et la réalité.