En littérature, une figure de style est une utilisation du langage qui crée un effet littéraire (également appelé dispositif rhétorique ou dispositif littéraire). Les figures de style peuvent être utilisées pour susciter une réaction émotionnelle, créer un rythme ou une image visuelle, souligner un point ou communiquer des idées complexes. Il existe des dizaines de figures de style différentes, mais certaines des plus courantes sont la comparaison, la métaphore, la personnification, la synecdoque et la métonymie. Examinons de plus près quelques-unes d’entre elles.

La comparaison

Une comparaison est une figure de style qui utilise notamment « comme » pour comparer deux choses qui ne sont pas semblables. Les comparaisons peuvent utilement créer des images dans l’esprit du lecteur ou souligner un point. Par exemple  :

  • Ses cheveux étaient comme du feu
  • Il était aussi courageux qu’un lion
  • La vie est comme une boîte de chocolats

Lorsque nous disons « la prunelle de mes yeux » ou « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », nous utilisons une figure de style appelée « comparaison ». En comparant une chose à une autre, nous pouvons ajouter de la profondeur et des nuances à notre langage et transmettre des idées complexes plus efficacement. Toutefois, les comparaisons doivent également être utilisées avec précaution et de manière réfléchie, car elles peuvent facilement donner lieu à des malentendus, voire à des offenses. Par exemple, dire « elle est rusée comme un renard » peut sembler assez innocent, mais cela renforce les stéréotypes sur les renards. En tenant compte des connotations et des implications de nos comparaisons, nous pouvons rendre notre langage plus précis et plus percutant. Si vous utilisez une comparaison dans vos écrits et vos histoires, prenez le temps de réfléchir à sa véritable signification et à son impact potentiel puis utilisez-la avec confiance pour renforcer votre message.

La métaphore

Une métaphore est une figure de style qui compare deux choses qui ne sont pas semblables sans utiliser « comme » ou « comme » Les métaphores peuvent être des outils puissants pour créer des visuels ou souligner un point. Par exemple :

  • L’Amérique est un melting-pot
  • Le temps, c’est de l’argent
  • Ce test était un jeu d’enfant

L’utilisation de métaphores dans le langage peut donner vie à des concepts, offrant une compréhension plus profonde et la possibilité de nouvelles perspectives. En comparant une chose à une autre, une métaphore peut mettre en évidence des similitudes inattendues et révéler des vérités cachées. Par exemple, dire (ou écrire) « le temps, c’est de l’argent » ainsi que vu précédemment attire l’attention sur la façon dont la société valorise et mesure ces deux biens. Cependant, l’utilisation d’une métaphore comporte également des risques car si elle n’est pas choisie avec soin, elle peut conduire à une mauvaise interprétation ou à une insulte. Dans tous les cas, le pouvoir de la métaphore réside dans sa capacité à transcender le littéral et à inviter à une interprétation plus profonde du langage et de l’expérience. Dans l’ensemble, l’utilisation engagée des métaphores peut conduire à une communication et une compréhension plus profondes.

La personnification

La personnification donne des caractéristiques humaines à des objets ou des animaux non humains, elle est particulièrement appréciée dans certains genres littéraires comme les récits fantastiques. La personnification peut rendre un texte plus accessible ou souligner un point. Par exemple :

  • Le vent a hurlé pendant des heures ce matin
  • Le soleil m’a souri

Comme dans les exemples précédents, une personnification consiste à attribuer des caractéristiques humaines à des objets ou entités inanimés. Cette figure de style peut ajouter un impact émotionnel à un texte, le rendant plus vivant et plus attrayant pour les lecteurs. La personnification peut également être utilisée pour donner à des concepts ou à des idées abstraits une forme plus réaliste, comme « la mort nous sourit à tous » ou « le temps passe » Cependant, il est important de ne pas exagérer la personnification et de ne pas détourner le message général de votre écrit. Utilisée avec parcimonie, la personnification peut renforcer efficacement votre message et donner vie à vos mots.

la personnification

La synecdoque

La synecdoque consiste à utiliser une partie de quelque chose pour représenter l’ensemble, ou vice versa. La synecdoque peut aider à créer des images ou à souligner un point. Par exemple :

  • Il a 20 têtes de bétail dans sa ferme. (Ici, « tête » représente l’animal entier)
  • Tout le monde sur le pont ! (Ici, les « mains » représentent les personnes)

La littérature française est connue pour sa riche utilisation du langage figuratif, et la synecdoque ne fait pas exception. Dans une synecdoque, une partie de quelque chose représente le tout, ou vice versa. Par exemple, dans « Les Misérables » de Victor Hugo, l’expression « la loi » fait référence à la fois au système de lois et à ceux qui les appliquent. L‘auteur Marcel Proust utilise lui aussi fréquemment des synecdoques dans son œuvre « A la recherche du temps perdu », notamment lorsqu’il fait référence à la « manière Guermantes » pour désigner la haute société et la classe supérieure en général. La synecdoque peut ajouter de la nuance et de la profondeur à l’écriture, permettant aux auteurs de transmettre des idées complexes avec brièveté et élégance. À ce titre, elle reste une figure de style importante dans la littérature française.

La litote

Une belles figure de style liée à l’émotion et au sentiment.

Dans « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry, le personnage titulaire dit « Je ne suis pas très rassuré » pour exprimer son malaise. Un autre exemple est tiré de L’Étranger d’Albert Camus, lorsque Meursault déclare « Ce n’était pas la peine d’en faire tout un plat » pour exprimer son apathie face à un événement. Les litotes étaient également populaires auprès d’écrivains célèbres tels qu’André Gide et Victor Hugo.

Si l’utilisation des litotes peut sembler contradictoire à première vue, elle permet de transmettre des émotions et des idées de manière subtile et nuancée. Comme l’a écrit le romancier français François Mauriac, « le meilleur moyen de dire une chose énorme, c’est de la sous-entendre » En d’autres termes, parfois, le moins est vraiment le mieux.

L’hyperbole (l’exagération)

L’hyperbole est une figure de style courante qui ajoute de l’emphase et de l’émotion aux écrits. Lorsqu’elle est utilisée efficacement, elle peut dynamiser les descriptions et donner vie aux personnages. On trouve des exemples bien connus d’hyperboles dans les œuvres de Gustave Flaubert et de Victor Hugo. Dans « Madame Bovary », les pensées d’Emma sont remplies d’expressions exagérées telles que « une éternité de bonheur » et « une tendresse infinie » Dans « Les Misérables », Victor Hugo utilise l’hyperbole pour susciter la sympathie pour le personnage de Fantine, en la décrivant comme ayant « vieilli de vingt ans en six mois » après avoir été mise au ban de la société. On en trouve un autre exemple célèbre dans « L’Étranger » d’Albert Camus, où le protagoniste Meursault fait une description exagérée d’un voyage en train : « Le ciel était un haut fourneau et le pays qui passait en claquant était une mosaïque de souffles morts. » Dans ce passage, Camus donne aux émotions et aux sensations de son personnage un poids exagéré.

Si les déclarations exagérées peuvent sembler irréalistes, elles renforcent l’impact et l’expression artistique de la littérature française. En effet, comme l’a déclaré un jour l’auteur Marcel Proust, « La sagesse ne se reçoit pas, il faut la découvrir soi-même après un voyage que personne ne peut faire pour nous ou nous épargner » De même, grâce à l’utilisation de l’hyperbole, les écrivains entraînent leurs lecteurs dans un voyage vers l’illumination.

La métonymie

Cette figure de style substitue un concept apparenté au terme original, comme par exemple « la couronne » pour désigner la monarchie ou « Hollywood » pour désigner l’industrie cinématographique. Un exemple célèbre de métonymie dans la littérature française se trouve là encore dans « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry, dans lequel il désigne les adultes par le terme « grandes personnes » au lieu d’utiliser le terme plus direct « adultes » Non seulement cette expression dépeint les adultes comme des enfants et des immatures, mais elle apporte également un certain niveau de jeu et de fantaisie au récit. Une autre utilisation efficace de la métonymie se trouve aussi encore dans « Les Misérables » de Victor Hugo, où il fait souvent référence à Paris comme au « Paris d’en bas », soulignant l’extrême pauvreté et les conditions de vie désastreuses de nombreux résidents des classes inférieures de la ville. La métonymie permet aux écrivains d’ajouter des couches de sens et de symbolisme dans leurs œuvres, ce qui donne de la profondeur à leurs récits.

notre dame
Notre-Dame de Paris, l’occasion de description du « petit peuple » parisien

Pour aller plus loin

Les figures de style sont des procédés que les écrivains utilisent pour obtenir un effet rhétorique. Parmi les figures de style courantes, on trouve les comparaisons, les métaphores, la personnification, la synecdoque ou encore la métonymie vues plus haut mais l’hyperbole ou la litote ne sont pas en reste, surtout lorsqu’il s’agit de poésie. En utilisant les figures de style de manière stratégique, les auteurs peuvent créer des images dans l’esprit du lecteur, mettre l’accent sur certains points et communiquer des idées complexes plus efficacement.

Avoir un effet rhétorique dans un écrit

La langue française a une longue histoire d’utilisation de procédés rhétoriques pour améliorer la communication écrite. L’une des techniques les plus courantes est l’hyperbole, ou exagération, qui peut être utilisée pour transmettre une émotion forte et ajouter de l’emphase. Un autre dispositif populaire est la litote, qui consiste à affirmer indirectement quelque chose en niant son contraire. En outre, les écrivains français ont souvent recours à la répétition afin de mettre en valeur un mot ou une phrase particulière. Les procédés rhétoriques peuvent ajouter de la nuance et de la profondeur à un texte, le rendant plus attrayant pour le lecteur.

Les idées complexes et concepts

Quand vous écrivez sur des idées ou des concepts complexes, il peut être tentant d’asséner au lecteur un tas de grands mots et de jargon dans l’espoir de l’impressionner. Mais cela peut donner l’impression d’être confus et inaccessible. Au contraire, décomposez vos idées en petits morceaux faciles à gérer et expliquez-les dans un langage clair. Pensez à utiliser des analogies ou des métaphores pour rendre les concepts difficiles plus compréhensibles. Il peut également être utile de fournir des exemples ou des illustrations pour mieux expliquer vos points car l’objectif doit être que le lecteur comprenne parfaitement le concept, plutôt que de le laisser plus confus qu’avant.

F.A.